Biographie de Zénaïde Fleuriot romancière bretonne du XIXe siècle 1829-1890











Zénaïde FLEURIOT est née le 28 octobre 1829, à St-Brieuc au n° 19 Grande’Rue, rebaptisée par la suite rue Houvenagle. Cette dernière a été séparée en deux et la maison est désormais située au n° 5 rue du Maréchal Foch.







Selon Zénaïde, « la maison paternelle était très large de façade, possédait un étage surplombant et se terminant par un pignon très aigu ».


Son enfance et son adolescence ont été très marquées par le Palacret (commune de St-Laurent) de 1829 à 1849. « Oh ! le Palacret, mon cher Palacret ! » « Le temps le plus heureux de ma vie et le plus en rapport avec mes goûts ».


Son milieu familial
Son père Jean-Marie Fleuriot est né le 21 avril 1780 à Plougonvern, il fut élevé par son oncle dès l’âge de 8 mois, au décès de sa mère, l’abbé Jean-Sébastien Rolland. 
Il était parent de l’abbé Royou, prêtre et journaliste, rédacteur de l’Année littéraire, où il combattit Voltaire, la Révolution, …
Privé de l’appui de ses deux oncles exécutés par les révolutionnaires, et ayant de grosses divergences d’opinions politiques avec son père (admirateur de la Révolution tout en dénonçant ses excès) ; J.M. Fleuriot, sur insistance de son père trouva refuge sous les drapeaux à 14 ans Il servit dans les armées de la République et dans celles de Napoléon.
En 1794, 6 mois après son incorporation, il apprend l’assassinat de son père par des individus, se disant les soutiens de l’autel et les amis de la monarchie des Bourbons.
Rendu à la vie civile vers 1806, il revint dans sa chère Bretagne.
Après des études de droit, il obtint un poste de greffier de la justice de paix du canton de Bégard.
C’est à Bégard qu’il connut et épousa le 3 octobre 1808 Mlle Marie-Anne Le Lagadec de Bégard. Ils auront seize enfants, seuls cinq survivront :
– 3 garçons : un médecin, Théodose, mort prématurément en 1854, un soldat, Jean-Marie tué en Algérie le 14 juin 1854 et François qui aura postérité.
- 2 filles : Marie l’aînée et Zénaïde.
Après avoir fait son droit à Rennes, il s’établit avoué à St-Brieuc. Il vit son étude fréquentée par les meilleures familles de la province.
Il avait le goût pour l’écriture, et on lui doit un assez grand nombre de publications, qui témoignent, pour certaines de l’ardeur de ses convictions royalistes.
J.M. Fleuriot ne cessait d’affirmer hautement sa foi catholique, réclamant, pétitionnant, dénonçant tous les abus, toutes les injustices. Il ne craignit pas de compromettre sa carrière en acceptant de défendre des accusés politiques qui ne trouvaient pas d’avocat. Voyant chaque jour sa charge péricliter, il se décida de la vendre.
Ses adversaires crurent le moment favorable pour triompher de sa ténacité. On lui offrit un poste officiel qu’il refusa pour, dit-il, « rester libre de combattre pour le bien et contre le mal ».
C’est au foyer de cet homme de bien, de ce royaliste, que s’est formée Zénaïde Fleuriot.
En 1849, il avait fallu hypothéquer, puis vendre tous les biens. 
Une véritable pauvreté était venue s’asseoir au foyer de J.M. Fleuriot.

Son éducation
Vers 3 ans et demi, Zénaïde est envoyée chez Mme Charlemagne dans une petite école pour les enfants des meilleures familles. Elle apprenait ses prières et les premiers rudiments de la lecture.
Vers l’âge de 5 ans, sa mère très fatiguée l’emmena au Palacret, résidence de famille.
Ensuite, Zénaïde entra au Couvent de la Providence où elle prépara notamment sa première communion.
A 12 ans elle avait déjà une passion très vive pour la lecture (du Walter Scott notamment).
A 17 ans elle prend des leçons de danse.
Le milieu où elle a grandi et été élevée, explique son œuvre tout entière, si pure, si religieux.

Gouvernante pendant une quinzaine d'années
Un jour de 1849, son père ruiné, reçut une lettre de M. G. de Keréver, châtelain des environs de Saint-Brieuc; elle était ainsi conçue :
« Mon cher Fleuriot,
« L'abbé de Brémoy, mon beau-frère, m'a dit que peut-être Mlle Zénaïde pourrait s'occuper de l'éducation de mes trois filles; je connais, par ouï-dire, toutes ses qualités de cœur et d'esprit, et je serais bien heureux si vous consentiez à vous en priver pour qu'elle prit place au milieu de nous. »
C’est ainsi que Zénaïde se résigna à entrer au service de cette famille pour pouvoir venir en aide à son père, alternativement à Ploufragan et au Château Bily dans la périphérie de St-Brieuc, les deux propriétés des De Keréver.



Elle y exerça un rôle de gouvernante et de « maîtresse d’école » auprès des trois jeunes filles : Marie, Claire et Alix.
C’est aussi durant cette période qu’elle s’adonna à l’écriture, le soir lorsque les jeunes filles étaient couchées.
En 1859, elle publie son premier ouvrage, recueil de nouvelles, « Souvenirs d’une Douairière » 
Début 1862, Zénaïde Fleuriot avait conquis, grâce à ses travaux littéraires, une indépendance matérielle relative. Le premier argent, fruit de son travail, fut employé à payer les dettes de son père.

Son arrivée à Paris
Le 5 juin 1867 : Elle exprime le désir de faire une retraite dans la communauté des Auxiliatrices des âmes du Purgatoire à Paris, pour y recommander sa chère Alix l'une des 3 jeunes filles de la famille de Keréver décédée du choléra, à leurs prières.
Le 29 octobre 1868, Zénaïde Fleuriot s’installe définitivement à Paris, non pas pour se rapprocher essentiellement du monde des lettres, mais surtout pour y vivre de la vie religieuse, pour résoudre, dans le calme d’une retraite, la grave question de son avenir.
Elle loue un appartement dans les bâtiments attenants à la communauté des religieuses des Auxiliatrices, 116 rue du Cherche-Midi.



Le 7 novembre 1868 : le révérend Père Olivaint lui conseille d’aborder franchement la voie des préceptes sans pourtant s’engager dans la vie religieuse en lui disant qu’elle fera en même temps du bien à ses 500 000 lecteurs.

Son voyage à Rome
Le 21 juin 1867, elle part pour Rome. Elle lia une étroite amitié avec la princesse de Sayn-Wittgenstein, elle-même écrivain éminent. Elles entretiendront des correspondances pendant 20 ans jusqu’à la mort de la princesse. Très souvent, elle soumettait ses romans à la princesse avant de les éditer.

Sa vie à Locmariaquer (1872-1890)
En 1872, les médecins avaient ordonné à la Belle-sœur de Zénaïde de passer 2 mois avec ses enfants au bord de la mer. Elle s’est installée à Locmariaker où elle savait ne trouver ni Casino, ni baigneurs, la plage étant caillouteuse et le pays sans organisation et sans ressources.
Vers le milieu du mois d’Août, Zénaïde rejoint sa famille. Ses premières impressions ne furent pas favorables à ce petit coin du Morbihan ; mais bientôt la vie simple et primitive qu’elle trouva devint un attrait et lui parut propre à servir son goût de solitude et de travail.
A son arrivée elle ne voit que des grèves vaseuses et tristes, pas une plante, pas un ombrage.
« On manque de bien des choses dans ce petit bourg. Il n’y a même pas de beurre, à cause des travaux de la moisson. Mais quelle mer, quels bons visages, quelle liberté ! »
« Figurez-vous une grève sans rochers, sans falaise, des dunes de sable blanc et des champs sans arbres. »
« On est là sous un soleil de feu, sans autre abri que son chapeau… mais travailler c’est impossible. »
« Après, travail ou départ sur les grèves. Une demie lieue sous le soleil, pour que les enfants trouvent du sable fin. »
« Repas sur les grèves ; moi dans le sable, nu-pieds comme tout le monde, pêchant la crevette avec les petits, ou m’écartant avec mon très commode pupitre, pour écrire, dire mes vêpres, mon chapelet. »
« Je vis comme un anachorète, de légumes et de poissons. On sennait hier devant moi ; mulets superbes. Aujourd’hui, un bar de toute beauté ; mais la chaleur est telle qu’il faut cuire immédiatement. »


Elle décida de s’y fixer et y bâtit en 1873 un cottage rustique qu’elle baptisera « KERMOAREB » (La Maison de Tante) pour y recevoir les siens.

Son oeuvre
Cette "bruyère de Bretagne" (comme l'appelait son amie la princesse de Sayn Wittgenstein) sait capter l'attention par son style clair, alerte et naturel. Ses récits portent l'empreinte de son éducation, de sa vie et de son époque fertile en évènements politiques et religieux »
« Mes ouvrages sont un fidèle écho de moi-même »
 Mis à part quelques ouvrages bien spécifiques racontant notamment sa ville natale, son voyage à Rome, la perte de son amie Alix, le Siège de Paris, la majeure partie de son œuvre est marquée par deux époques de sa vie :
-      ses 17 années chez les De Keréver : où elle met en scène son thème de prédilection, l’éducation des jeunes filles.
-      Ses 18 étés passés à Locmariaquer : où elle met en scène la vie locale et l’éducation de ses neveux.


1857 
La fontaine du moine rouge
Deux pièces de vers
Une heure d’entraînement
1859 
Souvenirs d'une douairière
1860 
Marquise et pêcheur
1861 
Ève
La vie en famille
Une famille bretonne (Anna-Edianez)
1862
La fille du serrurier
Sans beauté (1 er titre : « femme laide)
1863
Histoire pour tous
Un cœur de mère
Réséda
1864
Au hasard (recueil de nouvelles)
Yvonne de Coatmorvan
1865
Les Prévalonnais
1866
Le chemin et le but
Une saison au bord de la mer
Sans nom
La clef d'or
La Glorieuse 
1867
L'oncle trésor
Une année de la vie d'une femme
Une chaîne invisible
1868
Petite belle
Alix (en deux volumes)
Histoire intime
1869
Deux bijoux
Mon sillon
1870
À l'aventure - Poésies
Ce pauvre vieux
Notre passé
1871
Entre absents
Une parisienne sous la foudre
Siège de Paris
1872
Mes héritages
Marga
Les mauvais jours : note d'un bourru sur le siège de Paris
Notre capitale Rome
1873
Aller et retour Paris-Paray-le-Monial
Aigle et colombe
Les pieds d'argile
Théâtre chez soi, comédies et proverbes
1874
En congé
Armelle Trahec
Le petit chef de famille
1875
Monsieur Nostradamus
Plus Tard ou le jeune chef de famille
Bigarette
1876
La Petite duchesse
1877
Un Fruit sec
Un enfant gâté
Miss idéal
1878
Les aventures d'un rural (en 2 volumes)
Raoul Daubry, chef de famille
Grand cœur
1880
Bonasse
La rustaude
Mandarine
Tranquille et Tourbillon
1881
Tombée du nid
Alberte
Charybde et Scylla
Cadette
1882
Bouche en cœur
Gildas l'intraitable
Faraude
Cadok
1883
Caline
L'héritier de Kerguignon
Sous le joug ou Sous les bois
1884
Désertion
Réséda
1885
Ces bons Rosaëc
Feu et flamme
1887
Le clan des têtes chaudes
Au Galadoc
Le coeur et la tête
1888
De trop
L'exilée du Val  Argand
Parisiens et montagnards 
1889
Les premières pages
Coeur muet
Loyauté
1890
Bengale
1891
Rayon de soleil
1892
Papillonne
1897
Mon dernier livre
Caline Jeune fille





Sa fin de vie

Le 10 octobre 1890, c’est-à-dire environ 2 mois avant sa mort, Zénaïde Fleuriot signait avec le Maire de la Commune de Locmariaquer M. Le Gohebel Bénoni, représenté par son adjoint, un acte de concession à perpétuité de 4 m2 pour le Cimetière. Le terrain concédé sera pris dans l’angle de gauche au fond du cimetière.

A son retour de Locmariaker, Zénaïde s’installa d’abord dans son petit ermitage de Clamart, d’où le froid la chassa bientôt.

Le 19 décembre 1890, elle décède d’une congestion à Paris et se fait inhumer dans le petit cimetière de Locmariaquer.


Ses obsèques à Locmariaquer
Huit marins des plus solides demandèrent à porter le cercueil. Elle avait choisi sa place au sommet du pittoresque cimetière. En creusant le terrain, on trouva du roc, on sait maintenant que sa sépulture se trouve sur les gradins de l’ancien théâtre romain et ce qu’on appelle l’ancien cimetière (datant de 1862) recouvre ce théâtre.
Un forgeron du bourg dit alors : « Pour Mlle Fleuriot, j’irai creuser moi-même ». Il fit un instrument qu’il trempa d’une façon spéciale, afin de le rendre plus résistant, et s’en vint travailler. D’autres habitants de la commune se proposèrent pour le seconder ; et chacun y apportant le tribut de son adresse et de sa force, la fosse pu enfin recevoir le cercueil.

 Un an après, Francis l’aîné de ses neveux, après avoir fait placer près de son cercueil, celui de sa mère et de sa sœur Marie, ainsi qu’elle en avait exprimé le désir, y éleva un monument symbolique.
Il se compose de trois sarcophages crucifères recouvrant les trois tombes et taillées dans le granit du pays, entourés de bornes non taillées, également en granit, et reliées par des chaînes de fer. Ces bornes ressemblent assez aux bornes « Auray » qui servaient sur les quais pour amarrer les bateaux. On leur a donné ce nom d’Auray parce que c’est dans cette ville, dit-on, qu’on en fit le premier usage.



Le sarcophage du milieu se termine par un menhir brut (en pierre statuaire, la « kersantite » appelée« la pierre de Kersanton », en provenance d’une carrière d’un village du même nom à l’Hôpital-Camfrout dans le Finistère), assez élevé et creusé de façon à abriter un crucifix. Au dessous de l’un des bras du Christ, on a sculpté dans la pierre le nom de « Zénaïde », et au dessous de l’autre, celui de « Fleuriot », dont les lettres sont disposées verticalement. Au pied du crucifix on voit un petit banc de granit, et sur ce banc, un livre ouvert et une plume abandonnée. Le bas de la pierre a été ciselé de manière à figurer un lierre grimpant (symbole de l’éternité et l’immortalité).



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